Chevrolet Corvette I, l’icône des voitures de sport d’après guerre

1956-1959 : le volte-face, une popularité grandissante

Un des designs les plus jolis dans l’histoire de la voiture américaine sportive, la Corvette de 1956 a tout pour plaire. Les éléments les plus caractéristiques sont les littérales « criques » : ce sont les demi-ellipses entourée d’un chrome partant du passage de roue avant et faisant l’arc sur la portière. Les phares à l’avant prennent leurs positions en façade ; plus en évidence, les yeux de la Corvette sortent de leurs coquilles. Le logo, qui intègre le drapeau à damier entrecroisé avec celui de la Suisse et une fleur de lys, s’étend plus en lumière au dessus de la calandre. L’arrière est radicalement différent, des courbes soignées apparaissent dans un style doux, beaucoup plus en harmonie avec les flancs. Les pneumatiques s’ornent de jantes chromées inédites qui marquent un genre et l’histoire de cette catégorie. Un luxe, des poignées aux portes font enfin leur venue! Une option toit rigide est disponible pour 215 $. La motorisation standard est maintenant le V8 qui développe 210 ch. à 5200 tr/min et des options à 225 et 240 ch. sont possibles. Fini le joujou en plastoc sans options ! La Corvette de 1956 est dédiée à la sportivité, elle fait des prouesses en course automobile ; ses réelles performances dans un corps de rêve s’agrémentent d’équipements des plus divers. Les ventes s’en font ressentir : 3467 unités se sont écoulées.

Plus nécessaire de changer l’apparence pour 1957, seules les « criques » sont encore plus flagrantes puisqu’elles se différencient du reste de robe par une couleur disparate si on le désire (20 $ en option). Une avancée technologique, Chevrolet se sert de ses bureaux d’études pour développer l’injection de carburant dans ses moteurs (le fameux Ramjet) : la Corvette bénéficie alors d’une motorisation allant jusque 283 ch. (palette étendue avec 4 autres versions du standard 220 ch., aux deux moteurs de 250 ch. en passant par le 245 ch.). Une transmission par boite de vitesse manuelle à 4 rapports est ajoutée en alternative (env. 190 $), un autre package intéressant pour cette année avec des améliorations de suspension (ressorts plus lourds), de freinage et de direction : il s’agit du RPO 684 à 780 $. Un total de plus de 6300 véhicules produits en 1957 justifié par l’excellence des options de performance à disposition.

La création du modèle 1958 permet à la Corvette de gagner en longueur, en largeur et du coup en masse. Les phares avant se dédoublent très joliment, un apport esthétique assuré. Des mesures de sécurité sont prises : premièrement sur l’accroche du pare-chocs qui s’effectue dorénavant sur le cadre avec des grands points d’appui, ensuite les compteurs sont placés dans un champ de vision moins perturbateur (exit les indicateurs au centre du véhicule pourtant esthétiques). Un gain de puissance sur les motorisations : les 5 versions font 230, 245, 250, 270 et 290 chevaux. Cette dernière officialisée à 6200 tr/min donne du fil à retordre internationalement. Pour 4000 $ avec cette option, le rapport performance / prix place la Corvette en haut de l’échelle des voitures de sport ; la bonne publicité des victoires en course boostent les ventes : environ 9000 unités, la croissance est incroyable pendant la récession.

Une simple épuration pour le cru 1959 : des chromes superflus sont retirés ci et là, plus d’évents non plus sur le capot. L’habitacle voit ses fauteuils rendus plus confortables, un repositionnement des supports latéraux, des poignées déplacées et un rangement supplémentaire. Quelques options supplémentaires comme les pare-soleil et le freinage avec du métal fritté viennent s’ajouter à la panoplie. Pas d’autres changements, on conserve la puissance moteur de 1958, les ventes restent honorables avec 9670 exemplaires cédés.

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