Chevrolet Corvette I, l’icône des voitures de sport d’après guerre

1960-1962 : la fin d’une première génération qui gagne en notoriété

La Corvette de 1960 voit sa renommée s’étendre sur le petit écran. Cautionné par Chevrolet, la série « Route 66 » favorise une publicité confortable pour l’enseigne. L’image de la Corvette est ainsi dopée par deux jeunes qui sillonnent les routes des Etats-Unis à bord du bolide. Outre cette série commerciale, la Chevrolet Corvette bénéficie de performances encore améliorées : la motorisation maximum profite d’une hausse de compression autorisant la libération de 315 chevaux. L’aluminium dans tous ses états ! Pour la transmission, le nouvel embrayage dispose de boitiers en alu ; les culasses et le radiateur, tout est en alu. Des options alléchantes sont proposées cette année avec un réservoir plus grand, un aérateur à compensation d’énergie. Disponible en 8 couleurs de carrosserie, la Corvette dépasse la barre des 10000 unités vendues pour cette année 1960.

La promotion continue à la télévision pour la Corvette 1961, « Route66 » s’offre le nouveau modèle pour sa deuxième saison ; les fins observateurs remarquent une poupe redésignée en queue de canard permettant par là-même une augmentation impressionnante de la capacité de rangement (1/5ème de plus). Quatre petits feux arrière se dessinent magnifiquement ronds. Une crête longitudinale au milieu du coffre traverse le grand écusson Corvette. Les pots d’échappement sont moins mis en évidence, dégageant les dioxydes sous le corps de la voiture. La proue subit également quelques transformations, les yeux se maquillent (lunettes de phares peintes), le nez plus fin nous dévoile une bouche sans dents chromées, la calandre est maintenant grillagée. Corvette en lettres et son insigne s’affichent fièrement au dessus en lieu et place du gros logo. La silhouette de la Chevrolet est mieux finie, la qualité de la fibre de verre étant largement améliorée grâce à la résine. Le poids total de la Chevy est en légère baisse, elle progresse légèrement plus vite et passe en 6 sec du 0 à 100 km/h. pour la 315 ch.

Dans l’habitacle moins confiné par le rétrécissement du passage de transmission, l’espace est plus léché : on peut choisir des teintes différentes pour habiller l’intérieur. La motorisation reste inchangée, la suspension arrière n’évolue toujours pas pour son indépendance cependant la nécessité ne se fait pas ressentir tellement les manœuvres sont aisées. Encore en croissance, les ventes atteignent cette année 11000 unités ; au prix standard de 3934 $, pratiquement toute la clientèle ajoute l’option de transmission manuelle à quatre rapports salant la note à plus de 4100 $.

Le cru 62 est optimal, un concentré de ce qui peut se faire de mieux pour cette première génération et donc le plus convoité par les collectionneurs. Ils apprécient la netteté du design et la puissance à son apogée. Tout d’abord les chromes encore existants sont encore un peu plus évincés. Sur le contour des criques, les écopes d’air de ces dernières sont maintenant dotées d’ailettes en alu sur fond noir qui ajoute une finesse inouïe. Le noir ajoute également de la finesse à la calandre. Par perspicacité, l’option en bi-teinte s’arrête pour garder un juste raffinement. Ensuite quand on soulève le capot, on devine la performance : la motorisation est largement revue. Les 4 moteurs possibles renvoient à des puissances décuplées ; de 240 ch. pour le modèle standard, on passe à 300, 340 et 360 chevaux pour les divines options. A 6000 tr/min pour la derrière motorisation, la Corvette est sous la barre des 6 s du 0 à 100km/h et fait des prouesses en courses automobiles. Certes à plus de 4000 $ de base, le charme du roadster séduit quand même plus de 14500 acquéreurs : un bon énorme de 40% de ventes supplémentaires.

La Corvette I marque neuf années d’une révolution : la première voiture de sport américaine de série avec une conception de carrosserie entièrement en fibre de verre. Les progressions techniques vont au fil des années faire grimper la popularité. Estimées comme le fleuron de la première génération, les Corvettes de 1961 et 1962 sont plus avancées mécaniquement, les performances sont accrues, le look est raffiné et n’arbore pas les tape-à-l’œil pièces chromées. Elles seront en fin de compte une transition incroyable. Si un chemin vers la version Stingray a pointé son museau quand la direction du design a proposé son projet pour les courses, c’est à la deuxième génération qu’on attribuera bientôt le plus de mérite et cette désignation deviendra Sting Ray et perdurera à jamais.

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